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....où l'on parle de Charles


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SI TU VAS A PARIS...
le 11 Avr 2004 - 08:48
Sur l'homme... par Pascal Halbeher

Au mois de septembre 1930 Charles Trenet est à Prague avec sa mère. Le voila embarrassé, il ne sait comment lui avouer qu’il veut arrêter ses études à Perpignan et partir pour Paris où il peut avoir un contrat d’accessoiriste au cinéma à partir du 15 octobre.
Il a 17 ans lorsqu’il débarque seul à la gare d’Austerlitz. Pour pouvoir s’y rendre Charles a fait croire à son père qu’il rentrait aux art décoratifs. Seule, sa mère est dans la confidence.

Sa toute première adresse dans la capitale est Rue de Caulaincourt à Montmartre. C’est une chambre minuscule au rez-de-chaussée, chez une concierge. A huit heures du matin cette femme venait régulièrement le réveiller « - M’sieur Charles, vous n’avez pas entendu la savoyarde ? » Il répondait « non » à chaque fois, croyant qu’il s’agissait d’une femme venant dans le quartier vendre des fromages de chèvre. Au bout de quelques semaines, il se rendit enfin compte qu’il s’agissait tout simplement de la cloche de Montmartre.


Très vite, Charles déménage. Il se trouve une chambre dans un Hôtel meublé passage de la voûte, près de la porte de Vincennes. Il était ainsi plus près des studio de Joinville, pour se rendre au travail tous les matins. Il y est assistant metteur en scène et homme préposé aux claquettes. Grâce à cet emploi, il assiste aux prise de vue des films, « le roi des resquilleurs » et « le roi du cirage » sous la direction de Pierre Colombier.

La mère de Charles Trenet rentra de Prague fin décembre 1930. Elle se rendit à Paris pour s’apercevoir où son fils vivait. Et elle raconte :

Dès le lendemain de mon arrivée, j'allai voir Charles.
L'adresse qu'il m'avait donné manquait de précision : Au bout de l'avenue de Vincennes, rue de la voûte, un petit Hôtel.
Elle n'en finissait plus cette avenue de Vincennes ! Ou cours de Vincennes ? Et il y avait des rues à droite et à gauche ! Chercher ce petit Hôtel inconnu des agents de police ou qu'ils faisaient semblant d'ignorer, en marchant lentement, m'arrêtant à chaque coin de rue pour vérifier la plaque indicatrice, et par un froid de canard. J'aurais du prendre un taxi à la sortie de métro, place de la nation. Je n'y avais pas pensé, ignorante alors de ce quartier de Paris, de la longueur de l'avenue.
Enfin je vis inscrit sur une plaque à ma droite : rue de la voûte. Restait à trouver l'hôtel. Ce fut facile, la rue était courte, étroite, un seul Hôtel y profilait son enseigne. Du premier coup d’œil, j'en jugeait la classe. Mon coeur se serra. J'entrai. C'était propre, mais très primitif. Personne derrière le bureau de réception. j'attendis. Très peu. La cloche de l'entrée ayant signalé une présence, je vis un homme, sorti comme d’une trappe - en vérité d'une petite porte se trouvant derrière le bureau - qui, sans dire : "bonjour Madame", demanda :
- Vous désirez ?
- Je viens voir Monsieur Charles Trenet.
L’homme - Le patron - me dévisagea :
- Il n'est jamais là dans la journée. Faut venir le soir, et encore, il se couche tard.
Mon interlocuteur m'examinait de la tête aux pieds. Il renifla, haussa les épaules, alluma une cigarette.
- Qu'est ce que vous lui voulez à Trenet ?
- Je suis sa mère.
Du coup l'homme devint méfiant.
- Sa mère ?
Il n'en croyait rien. J'avais 40 ans, étais alors jolie fille, élégante, légèrement maquillée, enfin "sujet à caution", pour lui du moins.
J'insistai :
- J'aimerai voir la chambre de mon fils. Je lui apporte quelques petites choses et mon adresse à Paris, mon numéro de téléphone.
Le patron décrocha une clé suspendue au tableau, puis, mi-goguenard, mi-insolent :
- C'est au second.
Il fit une pause, grimaça un sourire :
- Le bordel, je vous averti, c'est au premier étage.
Je ne bronchais pas :
- Montons au second je vous prie.
Nous montâmes, le patron ouvrit une porte. J'entrai. Il me suivit et ne me lâcha pas d'une semelle tandis que je faisais le tour de la chambre, propre, bien simplette : Un lit de fer noir, verni, orné de quatre boules dorées. Les couvertures minces mais nettes, une table en bois blanc passée au brou de noix, cirée, deux chaises de même acabit, une armoire de vêtement que je n'osai ouvrir sous l’œil inquisiteur du patron. Un radiateur tièdasse luttait contre l'humidité de l'air. Au-dessus, une fenêtre assez grande, donnait sur le mur d'en face. Un store jauni, cra cra. effiloché sur les bords, l'ornait mélancoliquement.
Je déposai mon paquet sur la table, y joignis le mot préparé à l’avance. Nous redescendîmes.
- Vous avez le téléphone ?
- Bien Sûr !
C’était le seul luxe de l’hôtel.
Le patron me tendit une carte, je la pris, la mis dans mon sac, marmonnai un « merci Monsieur » et me sauvai, avec une seule idée en tête : Tirer Charles de là !


Ainsi, Charles habitait un Hôtel borgne et sa mère tint rapidement sa promesse en trouvant, en début d’année 1932, un appartement 47 rue La Fontaine, dans le XVIème arrondissement. L’habitation était au sixième étage et possédait juste au-dessus une chambre indépendante pour son fils prodige.
Elle eu bien du mal à le convaincre de quitter son immonde chambre du passage de la voûte et de venir habiter avec elle. Celui-ci prétextant qu’il était trop loin des studios de Joinville. Elle fini par le faire changer d’avis, puis de toute façon Charles se retrouva vite sans travail.

Il y emménage le 1er avril.
Le jeune homme habitait donc sa petite chambrette au-dessus de l’appartement maternel. Elle lui avait installé une armoire laquée en rouge, un bureau, des étagères pour mettre ses livres, un lit et un joli tapis de jute rouge et blanc.
Il pouvait aller et venir en toute liberté et sans déranger personne.

Charles fréquente Montparnasse. La Coupole est, à cette époque, très à la mode et lui permet de faire connaissance avec les artistes les plus célèbres du moment.
En même temps, il continue d’écrire des poèmes et des article de journaux pour « le coq Catalan », dirigé par son ami Albert Bausil. Il est le correspondant Parisien du journal, écrivant aussi des romans feuilletons qui s’appelaient : « les surprises du divorce », « nuit d’Espagne », « mille printemps ». C’est aussi à cette époque qu’il décide de se trouver un pseudonyme de peur que, si un jour la célébrité était au rendez-vous, on lui reproche ses romans à quatre sous. Autant il regorge d’imagination pour l’écriture, autant il en manque pour se trouver un nom. C’est son ami Vincent Bréchignac, journaliste à « l’intransigeant » qui lui trouve le nom de Jaques Brévin, qui est une contraction de son propre nom.

C’est également durant cette période qu’un après-midi il flâne à Montparnasse et rentre dans le « College Inn », où il vient souvent écouter du jazz. Il y remarque un pianiste habillé comme un collégien et ressemblant à un enfant. Mais quand il se lève, Charles s’aperçoit que, par sa taille, ce dernier est loin d’être un enfant. Il devait avoir sensiblement le même âge que lui, seule sa tête était enfantine. Ce musicien était Suisse et s’appelait Johnny Hess.

Les deux jeunes hommes deviennent vite camarades et se découvrent beaucoup de points communs.
Près de deux mois après leur rencontre, Charles décide de présenter Johnny à sa mère et aussi lui avouer autre chose… Ils se rendent rue La fontaine. Les présentations faites et après un bombardement de questions de Madame Trenet à l’égard de Johnny, il rajoute qu’ils ont trouvé un studio pour pouvoir travailler ensemble et surtout suffisamment grand pour y installer un piano et pouvoir y peaufiner des chansons qu’ils écriraient et interpréteraient en duo. Cette idée leur était venue en écoutant Pils et Tabet à Bobino. Pour le loyer, pas de problème pour le moment, puisque l’ami Albert Bausil en a réglé le premier trimestre.
Rendez-vous est pris le lendemain avec sa mère pour la visite du studio. Elle descend à la station de métro Alésia, la nouvelle habitation se trouvant près de Montrouge. Elle trouve un immeuble en brique rouge, style caserne. Elle monte au quatrième. Derrière la porte un poêle en fonte trône au milieu de la pièce, un tuyau monte jusqu’au plafond. Un piano contre un mur au-dessus duquel Charles avait peint un âne qui mange des roses. Cette fresque illustrait un poème d’Albert Bausil et était destinée à le remercier des loyers d’avance.
Devant le piano un tabouret et autour du poêle deux chaises. Il invite sa mère à s’asseoir et Johnny se met au piano. Il joue et ils chantent :

Vacances… Soleil… été
Quand les beaux jours seront là
Pour la saison prochaine
Nous reviendront toi et moi
Quand les beaux jours seront là…

(Quand les beaux jours seront là - 1933)

Elle se lève, les embrasse tous les deux. Elle adore ce qu’elle vient d’entendre.

Ils travaillèrent leurs chansons plus d’un an dans cette chambre.
Le duo « Charles et Johnny » devait débuter au Palace en décembre 1933. Il chantèrent trois jours en lever de rideau et dans le boucan causé par les retardataires. Au bout du quatrième jour, le légendaire sale caractère de Charles entre en action. Avec Johnny il va frapper à la porte du bureau du directeur Henri Varna et le menace de ne pas chanter le soir s'il ne déplace pas leur numéro en deuxième.
Le soir même le spectacle du Palace doit se passer de la prestation de « Charles et Johnny ».

Heureusement pour eux, la suite de leur carrière fut plus prometteuse !!!


 
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