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LA MER... DANSE COMME UN PIED !
le 16 Sept 2001 - 04:40
Un coup de venin par Lucien J. Heldé

J'aime beaucoup les chansons de Trenet, MAIS…
Pendant près de dix ans il n'y a presque rien à jeter chez le jeune Charles. De 1936 à 1945, Trenet "trenette" avec bonheur, non seulement dans les archi-connus "Y'a d'la joie" , "Boum !", "Fleur bleue" , "L'héritage infernal" et autre "Débit de l'eau, débit de lait" , mais aussi dans d'autres œuvrettes plus confidentielles comme "Pigeon vole", "Annie, Anna", "Tout me sourit" , "Sur le fil" , etc… Toutes chansonnettes d'une qualité stupéfiante, textes novateurs et musiques "jazzy".




Même la très contestable "Terre !" se laisse écouter avec plaisir, même si, dans la grisaille de France pétainiste de 1942, Trenet s'y exclame avec un optimisme de fort mauvais aloi : "Comme Colomb sur son bateau, nous voguions à la dérive. L'eau était sale. Oh ! quelle sale eau ! (ou "quels salauds !") Oh ! quel méli-mélo ! Et puis un jour, tour revint beau, tout revint clair sur la rive : le monde riait,, le monde dansait, tout le monde chantait…" Drôle de guerre…

Et puis…

Et puis, hélas, Trenet, comme asticoté par une muse qui n'était pas la sienne, se mit à commettre des chansons "lyriques", dans le genre de "La mer" ou de "Douce France"… Des chansons "inutiles", où une orchestration pompière parvient à peine à masquer l'indigence des paroles !

Crime de lèse-Trenet ? Pas du tout ! Réécoutez "La Mer" : Pendant trois longues minutes, ladite mer ne fait que gigoter au bord de golfes clairs, outrageusement fardée de reflets d'argent ! Une seule image ingénieuse, celle des "blancs moutons" que paît cette "bergère d'azur" qu'est la mer, suffit-elle à racheter cette scie ?

Quant à "Douce France", mis à part le titre, heureux souvenir moyenâgeux du preux Roland de Roncevaux, le "trenetophile" restera sur sa faim : dans la version originale, après un couplet et un refrain seulement, la plume du poète s'assèche désespérément. Le reste n'est que remplissage musical et redites… Au cas où le public serait sourd ou obtus ?

Exagération ? Nullement ! Trenet lui-même ne semblait pas pleinement satisfait de ces chansons. Ne laissa-t-il pas "La mer" dans ses cartons pendant une dizaine d'années avant de se résoudre à chanter cet opus sans doute encore inachevé ? Et quand, plus tard, il reprit "Douce France", il eut soin d'y ajouter une strophe ("J'ai connu des paysages, tout là-bas sous d'autres cieux", etc), histoire sans doute de meubler l'indigence de la première version.

Hélas (bis), le grand public, qui, on le sait, a toujours raison, fit un triomphe à ces chansons "inutiles" et Trenet continua à forcer sa muse pour en produire d'autres, tout aussi indignes de sa muse badine !

Les exemples foisonnent. Ne citons, que "L'histoire d'un monsieur" . Du mauvais sous-Piaf ! Cela raconte la vie d'un pauvre gars frappé par toutes sortes de malheurs. On y cherche désespérément un "second degré". On espère parfois le trouver, mais, à ce moment, Trenet rajoute une couche de mélo ridicule. Un extrait, rien que pour rire : "Blessé en campagne, mais rien de fatal. Il trouve une compagne dans un hôpital. Elle est infirmière, ils s'aiment, quel malheur ! (…) La guerre est finie, l'infirmière meurt d'une maladie dite "de langueur". La première femme est morte elle aussi, mais alors quel drame, les fils se marient…" Et tout cela proféré avec un sérieux papal.

Mais le pompon revient à la chanson "Eve" . Le texte, mon Dieu, n'est pas plus catastrophique que pour d'autres chanson du même acabit… Mais l'interprétation !… "Éééééveuh, je vous revois dans rééééveuh !" bêle Trenet comme s'il voulait pallier le silence de tous les agneaux d'Hollywood ! Une parodie de chanson "à voix" des années 30 ? Point du tout ! Pas la moindre trace de dérision dans cette panade presqu'aussi horripilante que cette "Danse des canards" de si gigi-lionesque exaspérante mémoire…

Heureusement que, pendant toute sa longue carrière, Trenet continua inlassablement à nous régaler de petits bijoux truffés du "surréalisme magique" qui lui est propre : par bonheur, comme antidote à l'indigeste "Histoire d'un monsieur", il suffit de déguster "Ding, dong", une chanson sur le même thème, mais plus ingénieuse ô combien…

J'adore Trenet, mais… il est dommage qu'il ne se soit pas toujours rendu compte que Verlaine, même s'il n'avait pas le "souffle" du père Hugo, n'en était pas moins un tout aussi grand poète !



 
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LA MER... DANSE COMME UN PIED ! | Connexion/Créer un compte | 12 Commentaires
  
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Re: LA MER... DANSE COMME UN PIED !
par Anonyme le 20 Sept 2001 - 12:12
Sachez tout d'abord que "douce france" et "la mer" ont ete ecrite avant 1945.
Sachez surtout que des chansons comme "le peintre perdu" (1994), le voyage de la veille (1999), "en souvenir de toi" (1992), Fidele(1970), le revenant, l'enfance etc etc etc ont ete ecrites bien apres 1945 et sont de veritables chefs d'oeuvre, peut etre ses plus grands.
Je vous invite donc, cher monsieur, a decouvrir les oeuvres de Charles qui vous sont visiblement encore inconnues (celles des annees 70 et surtout 90): vous n'en reviendrez pas, et vous constaterez que votre these d'un trenet seulement brillant avant 1945 ne tient guere debout.

Un trenetiste de 23 ans.

PS: je profite de l'occasion pour lancer un appel a l'ensemble des jeunes trenetistes: qu'ils se manifeste, histoire que l'on puisse se compter.

  • Re: LA MER... DANSE COMME UN PIED ! par Anonyme le 20 Déc 2001 - 05:18
  • Roulez jeunesse! par florian le 25 Fév 2002 - 01:14
  • Re: Re: LA MER... DANSE COMME UN PIED ! par Anonyme le 10 Nov 2002 - 10:11
  • Re: Re: LA MER... DANSE COMME UN PIED ! par Anonyme le 17 Déc 2002 - 05:12
  • Re: Re: LA MER... DANSE COMME UN PIED ! par Anonyme le 22 Avr 2004 - 09:44
    Re: LA MER... DANSE COMME UN PIED !
    par Dominic (Envoyez un message) le 22 Sept 2001 - 12:23
    Tout à fait d'accord avec toi, jeune trenetophile de 23 ans ! Pourtant, en relisant l'article de Lucien J. Heldé, tu constateras qu'il est n'est pas aussi trenetophobe que tu sembles le souligner. Il exprime simplement ses préférences dans le vaste univers des chansons de Charles.

    Par ailleurs, j'embraye tout à fait à ton appel et t'incite à t'inscrire et nous rejoindre parmi les membres de ce portail des amis de Charles Trenet. Tout comme toi, j'encourage tous les jeunes à le faire également, histoire de prouver - si besoin en était ! - que Trenet reste le poète de TOUTES les générations.

    Le webmaster.

    • Mais ils sont là, les jeunes!!!! par Anonyme le 21 Fév 2002 - 01:12
      Re: LA MER... DANSE COMME UN PIED !
      par antinoe (Envoyez un message) le 18 Mai 2002 - 01:06
      J'aime aussi beaucoup les chansons de Trenet... Voilà pourquoi le message de Lucien J. Heldé m'inspire quelques remarques, en vrac. D'abord sur "L'histoire d'un monsieur": je crois que tu fais un contresens en y voyant un ton mélo et papal sans second degré. Il s'en explique très bien dans l'enregistrement de l'Etoile (1952) : c'est une chanson sur le style des roman-feuilletons d'antan, sans prétention et, précisément, à prendre au 2ème degré, cf. l'accumulation de la mort de l'infirmière, de la première femme, l'abandon par les enfants... on est "en plein drame" :-) Quant à Eve, je suis d'accord, mais qu'en d?éuire mis à part le fait que, sur ses centaines de chansons, il en a moins réussi certaines ? Rien que de très normal. Pour "Terre", le texte est évidemment odieux, replacé dans son époque... cela dit, peu de temps après, il compose "Douce France" (qui ne trouve pas grâce à tes yeux, certes) mais que pourraient reprendre à leur compte aussi bien les maquisards et résistants, que les derniers des collabos si on veut bien leur reconnaître un "même" amour de leur pays... En réalité, ce dont je disconviens le plus, c'est le sous-entendu que la plupart des "perles" trenetiennes dateraient quasiment d'avant-guerre. Je pourrais accumuler les exemples : Nationale 7, Le Revenant, Le vieux piano de la plage, En avril à Paris, Tiens il pleut, Le cor, etc. Une énumération ne prouve rien, je sais bien, mais... c'etait juste pour le plaisir... Stef

      Re: Histoire dun Monsieur
      par Anonyme le 08 Juin 2002 - 10:25
      En effet, "Histoire d'un Monsieur" est à prendre au 2e degré. D'ailleurs, Trenet l'interprète en insistant sur le côyé mélo ("l'infirmière meeeeure de langueeeur") pour bien mettre en évidence une distanciation par rapport à une époque, celle de Pétain, avec des films comme "Le voile bleu". Cela dit, le début et la fin du texte sont d'une noirceur terrible. Trenet y fait un parallèle saisissant entre la naissance et la mort. Comme souvent, derrière un texte anodin se cache LE thème principal de son oeuvre : l'angoisse de la mort avec laquelle Trenet vit depuis l'adolescence sous le nom de "mal mauve" ( Un noir éblouissant, p. 108, réédition JCLattès, 1989).

      Re: LA MER... DANSE COMME UN PIED !
      par LaurentT. (Envoyez un message) le 24 Avr 2004 - 09:33
      O sublime ignorant ! Ton commentaire sur ces deux chansons me fait penser à l'incompréhension avec laquelle les critiques d'art de la fin du XIXe siècle ont accueilli les impressionnistes !!! Sache donc que tendre vers la simplicité est, pour un artiste, la tâche la plus ardue qui soit. Il est infiniment plus aisé d'user d'un lyrisme de pacotille nourri d'images grandiloquentes et d'un vocabulaire ampoulé qu'arriver, avec simplicité (et en 20 minutes, comme c'est le cas pour "La mer"), à évoquer le littoral narbonnais ou l'ambiance de la France d'avant-guerre. "Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot", écrivait Léo Ferré... Dans toute l'oeuvre d'Eluard, qui était un poète majeur du XXe siècle, il n'y a pas plus de 10 mots appartenant à un vocabulaire soutenu. De plus, avant de juger de la qualité des paroles de "La mer", il convient de s'interroger sur l'adéquation entre les mots et l'ambiance qu'ils décrivent. Or si ce texte évoque difficilement la violence des vagues se fracassant sur la pointe du Raz par gros temps, il retranscrit à merveille la douce sérénité qui imprègne les rivages du Golfe du Lion quand, en été, tombe la nuit, que le rosé coule à flots (ou le pastis, question de goût) et que passe sur la plage un groupe d'étudiantes en goguette qui te sourient malicieusement... Pour prouver à quel point ce texte est beau et se suffit à lui-même, j'ajoute que je suis instituteur (et non "professeur des écoles", barbarisme que Trenet, je pense, abhorrait) et que depuis des années je fais apprendre et réciter ces paroles à mes élèves. Celles-ci côtoient dans leurs cahiers de poésie d'autres oeuvres de grands poètes français. Mais si tu persistes à penser qu'en écrivant "La mer" et "Douce France", Charles Trenet a cédé à la facilité, il ne te reste plus qu'à écrire un texte du même acabit, histoire de nous convaincre. J'attends...

Contact : webmaster@charles-trenet.net

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