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....où l'on parle de Charles


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Re: MARIE-LOUISE TRENET, LA MAMAN DE CHARLES (Points : 1)
par Duncker le 21 Mai 2013 - 01:48
MON FILS CHARLES
Par Marie-Louise Caussat-Trenet
(Extrait de « Music-Hall » - Avril 1955)

L’amour porte, dit-on, un bandeau sur les yeux. Stendhal, lui, parle de « cristallisation ». Quant au bon La Fontaine, il nous a conté joliment l’histoire de la Chouette et ses petits. Je pense à tout cela et suis fort embarrassée ! Je crains qu’on ne suspecte mon objectivité. Elle est cependant réelle. Les années sont un crible au travers duquel toute exagération se tasse. Non que l’amour maternel s’affadisse avec le temps, comme les autres amours, mais parce qu’au contraire en devenant moins instinctif, plus conscient, plus éclairé, il permet de trier dans les souvenirs émotifs et d’en dégager la vérité humaine.
Charles fut un enfant plein de défauts et de qualités, donc très attachant. Avec lui on était toujours sur le « qui-vive » , car le climat changeait avec l’humeur du jour. Heureusement, les orages passaient vite. Je parle, vous le comprenez bien, de son caractère. A la fois tendre et violent, brusque et délicat, impulsif et têtu, colère et câlin, c’était un étrange petit garçon capable de se rouler par terre en ruant des pieds, gesticulant des bras si l’on faisait mine alors de l’approcher, hurlant, criant, puis se calmant tout seul et venant cinq minutes après vous embrasser. Il ne boudait jamais, ne gardait pas rancune et ne se vengeait que par des mots, disons… pittoresques ! qu’il regrettait tout aussitôt. Seulement, il n’exprimait jamais ce regret et se contentait d’user de toute sa diplomatie enfantine pour se faire pardonner. On se laissait prendre au piège… Orgueil de sa part ? Sans doute, mais peut-être aussi une certaine timidité qui bloquait dans sa gorge les mots qu’il aurait voulu dire.
On ne s’ennuyait jamais avec lui. Je crois d’ailleurs qu’il faut s’ennuyer soi-même pour contaminer d’ennui les autres. Or, l’enfant, et plus tard le jeune garçon, ignora l’ennui. Il possédait mille ressources pour le mettre en fuite : jeux inventés, imagination, rêveries, dessin, peinture et un goût très marqué pour la musique. Assis auprès de mon piano, il écoutait : lieder de Schubert, de Schumann, sonates de Mozart, de Beethoven, valses de Chopin touchaient déjà sa sensibilité formant, à son insu, dans sa mémoire, cette trame romantique qu’on retrouve souvent dans ses chansons. Parfois, j’essayais d’un morceau de rythme, je le jouai bien mal, mais cela le ravissait. Lui-même évoque toujours en souriant le fameux « Hindoustan » à la mode en 1920. Sa faculté d’imagination était surabondante. Pouvais-je l’appeler mensonge ? J’en fus parfois tentée. Puis, comme il ne s’agissait pas de m’induire en erreur sur ses faits et gestes réels, mais de me conter ceux qui se passaient en son esprit, je rayai le mot mensonge et le remplaçai par « fantaisie ». Je ne veux pas dire que Charles n’ait jamais menti ! Quel enfant extraordinaire n’eût-il pas été dans ce cas. Or, la seule chose extraordinaire de son enfance et de sa prime jeunesse fut précisément qu’il n’était pas cet enfant prodige devant qui l’on s’extasie, mais un garçon robuste, aux joues rouges, plein de défauts et de qualités. Bien sûr, on pouvait se poser la question suivante, à savoir qui prendrait le dessus dans son caractère ? Sa personnalité était déjà si marquée, sa volonté si tenace, que souvent le choc se produisait, on ne pouvait pas toujours céder ! Il aimait si farouchement sa liberté que toute punition qui l’en privait avait un résultat désastreux. Oui, mieux valait ne pas brimer, faire confiance, tâcher d’orienter les forces vives, lui laisser le choix. Qu’aurais-je gagné à faire la grosse voix ? Le chemin du cœur était la meilleure route, car, dès son plus jeune âge, Charles m’a témoigné une affection très tendre qui ne s’est jamais démentie.
Ainsi a-t-il grandi sans me donner trop de soucis, ni pour le corps que je savais solide, ni pour l’âme qui était délicate et amoureuse du beau. La lecture, les boîtes de peinture, les voyages jalonnèrent son adolescence. Il a poussé normalement, comme un bel arbre.
Ses souvenirs d’enfance lui sont restés chers ! La maison de Narbonne, l’accent chantant du Languedoc, les garrigues âpres, le vent, la mer. Il n’a jamais « vu » la mer pour la première fois, il la connaît depuis toujours. Son aspect lui est aussi familier que mon visage ; et il l’a chantée non pour la forme, comme argument poétique, mais parce qu’elle fait partie intégrante de sa vie d’enfant.
Aujourd’hui l’enfant est un homme, un artiste que j’admire, vedette internationale, mais pour moi, il reste Charles le « petit », avec ses défauts que je retrouve et ses qualités nombreuses qui, je le constate avec joie et en toute objectivité, je vous l’assure, ont largement gagné la partie.


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